7 septembre 2010

Morning



Ton parfum flotte encore...
Il reste de toi quelque douceur. L'infini/l'indéfini. Ces riens balançant les restes de la nuit sur les murs de mes songes éveillés. Nue dans le jour qui se tient droit, froid, j'éclipse le réel, je veux... je veux, je veux... tes mains contre mon sein, le rire dans ses ellipses, la vie dans chaque coin... sentir couler sur la peau du matin l'eau barrée, l'amour sous mes coutures. Croire que le lundi se lèvera avec toi, que je t'attendrai là. J'écrase les petites tristesses sur le pavé, je veux, je veux... je veux qu'encore demain soit une évidence, j'entends ce que tu tais. Tu es la mer montante que j'envisage, celui que l'on n'ose espérer. (Comme je me sens faible, alors que je m'échappe à moi-même)
Je veux. Je veux... je veux te dire que ton corps embrasse mieux le mien la seconde suivante, te raconter la soif, que tu me boives entière.
Parfois je ne verrai que toi t'avancer parmi les figurants, et tu viendras à moi et je goûterai ta langue, et mes doigts dans les plis de ta chemise, et je n'aurai plus peur de ne pas me reconnaître, car je sais plus encore qui je suis alors que tu me vois si bien.
Ton parfum flotte encore... (un grand arabica sans doute)




4 juillet 2010

Encore le ciel

(en musique)




Encore le ciel étire Paris disparait l'horizon délie la raison a jeté la nuit courte sur un quai j'espère sur mon épaule ta bouche ce corps que mes jambes commencent à reconnaitre dans l'enlacement l'hier affame aujourd'hui je pense à tes doigts, à la peau qui se fane au minéral à la fois où tu dormais tout contre, je cherche les contours de tes rires l'invasion de ton nom, ce qui me porte loin, les étranges synonymes qui parlent d'aimer, trois mots orageant les désirs, tes mains délugeant le plaisir... la nuit affame le jour aussi je pense à ton sexe qui prend sans exiger le mien qui veut toujours les lendemains ivres les fins qui ne finissent la langue épicée la femme en atomes que tes sens érigent en résurrection tu cherches la sagesse que le manque a fait otage je pense à la folie aux résolutions à l'envie aux jamais. Au don à l'abandon. A tes extrémités que ma bouche réclame A l'inlucidité A l'infatuité Encore le ciel délivre la ville capitale empreinte du désir a laissé sur le carreau les impossibles ressaisi les parfums qui luminent oublié les paroles arides je cherche les étendues les fentes les odeurs, les goûts qui me frémissent, alors que tu dérives jusque sous ma poitrine.

28 juin 2010

Rue des deux gares

(en musique)



La porte s'ouvre. Sous le poids de l'intrusion le plancher frissonne, s'éveille enfin déclarant les ans qu'il a portés. On sent dans ses gémissements la vie qui lui a passé sur le corps, les paysages historiques. L'appartement se dévoile, son âme vous saisit. Avancez... dans le couloir rouge aux fauteuils de velours exilés d'un théâtre, drapés d'ambre charnel... Place numéro 15. La lumière en crue sur le passant s'improvise diva, et apprête le soleil en partitions délicates. Le regard s'attarde, la licence ici a les faveurs de l'abondance. Chaque pièce introduit ses confessions, emporte loin là-haut, où se cachent les mémoires... Jusque dans les perspectives, les toiles d'araignées depuis longtemps dévastées ont emprisonné les empreintes des hôtes, tandis que des femmes accrochées aux murs fument en sépia, parmi les mots d'autres, l'amour qui s'interroge, et les violonistes. La tête dérive, le carmin murmure. Les livres gardent les moutons. Les archets en étalage. Au fond à droite... la chambre de coton, comme le jour gravite, satellite des pensées érotiques, sous les draps et les matelas superposés s'immiscent les rémanences des peaux vacillantes, les mains âpres éprises et les songes absurdes voyages au long cours... Solitude - bienvenue. La nuit passera sur les tapisseries et les illusions, le bois redira son discours, le café et les épices extrairont la peau briochée des bruissements de lin... enfin... les quatuors joueront dans le salon, rue des deux gares...




Sténopé entre deux gares par nikø



28 mai 2010

Hôtel Dandy****


Cher ****,

Mai ramène sa gueule de promesse, réminiscences en bandoulière, horizons en vastes échancrures... J'ai pour me tenir droite de belles perspectives, et les années qui s'empilent apprivoisent mes composantes, sourires en bataille arrimés en périphérie des sentiments heureux, j'avance... Rue Gambetta, quatre étoiles me tombent sur le coin des pensées archivées; il y a dans cet hôtel des mémoires nucléaires qui achèvent leur incandescence sur la peau glacée de l'absence. As-tu délaissé dans cette architecture du rien l'esquisse même de ma langue sur toi? Et le goût?
Je voudrais arracher les étiquettes, inviter le courage à dîner, mais toi, enfant, tu tombes quand tu marches - et lacères dans ta chute mes bras qui s'attendrissent.

Je parcours la ville. Et parfois je t'invente à l'autre angle de ce trottoir dégueulasse. Cependant, sache-le, détourne-toi de moi, ignore-moi si tu venais à me croiser dans des circonstances malvenues. Tu es **** et tu appartiens à la dimension des instants chavirés, aux parenthèses illégales.
J'ai dans l'idée que seuls les hasards imbéciles nous verrons l'un face à l'autre le cheveu débraillé, le temps qui presse et la politesse obligée.

Je t'embrasse, je crois.

****

P.-S.: Tu me manques une fois par mois, c'est une moyenne bien sûr.



rendez-vous par nikø