19 janvier 2011

Sous sa peau


elle ferme les yeux
ton absence en présence
on lui dit
vous êtes l'un pour l'autre
même le silence le lui crie
elle sait au détour
des entraves
des ornières chevées
marcher sur le tourment
tourner le dos au sombre
voir ton ombre bleue
dans le marc de café
laisser le soleil accroché aux regards
Elle tend vers toi
Elle ne partira pas
Car il faut goûter encore
Goûter du bout des lèvres
ta langue curieuse
les matinées blanchies
à l'odeur de javel
les mains dans ses cheveux
tissés par les araignées
nocturnes
le sein appelant ta bouche
chaude
elle entend dans ton souffle
les dialogues irrévérencieux
que vos corps argumentent
les coinstots de sa nuque
de ses fesses en arceau
battre jusqu'en son creux
l'eau
le sang qui est le tien
s'infiltrer sous sa peau
On lui dit vous êtes l'un pour l'autre
Parfaits

Elle ne partira pas
Si partir
C'est se quitter soi-même


28 novembre 2010

Petit prince



Basculer
Ne plus savoir compter

Voir les métros partir sans ton cartable
(Et les miroirs couverts de baisers peints au rouge riront de tes égarements)
Il faudrait décalquer tes idées à la blancheur des nuits
Les inscrire fort sous la peau des oublieux, des retardataires, des jouisseurs,
Qu'ils s'attardent toujours dans l'innocence...
A la jointure de tes respirations accrocher des frissons, les histoires de minuit qui font rire bêtement les filles nues éperdues
Perché sur un nuage, jouer à la marelle (ciel!)
Moquer gentiment les normes fantaisistes des filles électriques,
La poésie trop sucrée
Sous les ampoules de Crimée
Ou celles de l'Atlantique
(Et aimer)
Chanter faux en cachette - lalaLa!
Dégringoler sous un corps chaleureux, goûter au soyeux
A tout ce qui déborde...

Faire d'émois une éternité...
Boire du mauvais café, et rester.
Mais non, il est l'heure!
...
...
...

Mais tu es toi,
Et tu enfouis ton visage entre les chemins de craie, dans les parfums canailles
Tu glisses alors entre les lignes quelques caresses, beaucoup beaucoup (beaucoup) de tendresse, et trois petits mots à l'encre sympathique...

(Il faut que tu y ailles!)



Empreintes par nat*dia


31 octobre 2010

All the clocks are broken

(en musique)


Elle a encore déballé le lit, laissé quelques vestiges de maquillage dans un recoin de l'oreiller. Elle se tourne, sur le dos, abdique sous le repli du sommeil. Le plafond a la même fissure qu'hier.
Il y a ceux qui choisissent, ou les menteurs, qui restent mal.
Fermer les yeux quelques heures - mais pourquoi ne sont-elles pas éternelles quand elles le devraient?
Il est parti, a dit "je t'aime moins".
Engluée de rémanences, somptueuses jouissances, de rires en écharpes de ce à quoi on s'abandonne, cette mémoire indésirable qu'elle voudrait délabrée, pas si vive.
Putain de temps précipité dans le bonheur mais bien calé sur le flanc de la peine, à appuyer de ses aiguilles statiques au creux des plaies.
Il l'a faite rêver à l'immensité des siècles.
La fissure s'aligne, cicatrice ou mauvais plâtrier.
Il s'est glissé dans ses fentes.
Elle le garde sous sa chemise, entre les brisures, insignifiants cartilages de l'amour dépassé. Il trône là, dictature délétère dont rien ne succombe.
Putain de temps qui n'avance à rien, persiste dans l'immobilisme!
Il a enfoncé le plaisir jusqu'entre ses entrailles.
Le robinet est mal fermé. Comme un tic-tac l'eau psalmodie.
Il a la jeunesse pour excuse, la cécité qu'elle porte en elle, et les terreurs de lassitude, de raréfaction du désir, de ne pas vivre demain que de tout vivre aujourd'hui.
Et pour quoi ce corps encombrant, à dévisager son reflet qui perd la raison, se déforme sans son regard, son regard à lui... A lui. Lui. Lui...
Et pour quoi son image flottant entre les courants des pensées et de la constance?
Il est parti, a dit "je t'aime moins".
Elle songe à la journée douloureuse, à ce putain de temps qui s'allonge à son côté, et la fissure qui sera là encore le matin suivant, comme la douleur, et l'absent. A ses pieds sur le carrelage, transis.
Elle rêve debout.
Au jour qui la verra renaître des cendres, et danser sur les meurtrissures.

Pour Anne-Laure...






10 octobre 2010

Palindrome

(en musique)


In girum imus nocte et consumimur igni


La tendresse sans conséquences...

(Petite musique de nuit)

Etendre dans tes cheveux mes doigts, te tressaillir jusqu'au flanc du plaisir

Entre les heures échardées de torpeur apercevoir ton dos



Ta nuque


Ce que témoigne ta peau

Sous l'effleurement

Ou l'illusion,

Le drap décalquant ton dessin

Dans le presque matin...

A tes pieds égrener la morale, la laisser chancelante

Prendre mes jambes à ton cou


Comme tu lies mes pensées tu me morcelles

Et tu sais le silence au fond de ses déclarations.


Crire


Etre, sentir

Gémir

Chuter à la pointe de ta langue


Dans l'obscurité tresser les corps en suspens

Pourtant

J'arrime à mes paupières tes effrois flamboyants ruisselant jusqu'à l'os

Laisse à mon chevet les brûlures de tes mains, l'écorchure de ton souffle

(Nous tournons dans la nuit

Et le feu nous consume)


Au creux du mien j'impatiente ton hérésie

Pourtant


Tu nourris encore

Ces croyances blanchies, de celles qui n'ont plus goût à rien, jetées


Dans les mailles exsangues

De tes veines éclatées

Pourtant

je prends fin à ta source, tu t'ouvres à ma racine

Tu es ce que je suis

Miroir,


Evidence


Théorème.

Et je passe au travers de la violence ordinaire

(ce désir palpitant étranglé par l'orgueil)

En t'attendant,
Sans douleur

Ni désespoir